Pas besoin de passer par les boutiques spécialisées en herbes aromatiques et produits hallucinogènes pour expérimenter ce phénomène que l’on appelle communément « être en transe »…
Je m’explique. Il est prouvé scientifiquement que la prière, la méditation — et j’ose ajouter l’oraison, ce temps de silence et d’amitié que l’on prend avec son Seigneur — peuvent produire parfois un état spirituel de « transe », de plus ou moins longue durée et d’intensité.
Sainte Marie de l’Incarnation, cofondatrice de l’Église canadienne au 17e siècle, a expérimenté ces « transfigurations » à certains moments-clés de sa vie. Cette « vision » trinitaire l’aida à persévérer dans son union à Dieu et sa mission propre, au travers les difficultés de la vie coloniale et quotidienne.
C’est ce même phénomène que Jésus a vécu avec ses disciples sur la montagne. Ce moment d’Esprit Saint l’a conforté dans l’accomplissement de la volonté du Père comme Fils bien-aimé, le soutenant ainsi dans sa mission universelle à donner sa vie par amour.
Même expérience pour Pierre, Jacques et Jean. La transfiguration de Jésus prépare leur être à la crucifixion et à la mise au tombeau, mais plus encore au mystère de la Résurrection, dont ils deviendront les premiers témoins pour le monde entier !
Saint Paul nous rappelle que nous sommes « appelés à une vocation sainte (…) à cause de son projet à lui et de sa grâce » (2 Tm 1,9).
Le Carême se révèle ainsi un moment de « transe » pour nous interpeller à mieux vivre notre vocation de fils et filles de la Lumière !
Y. Michel Lafontaine, prêtre
Diocèse Saint-Jérôme – Mont-Laurier