Publié le 11/01/2022

Le 10 janvier 2022

Aux fidèles,

Mes meilleurs vœux de paix, joie et santé! Vous devez peut-être vous étonner de recevoir ces vœux, en ce début d’année, où tout semble nous inviter à redoubler d’ardeur et d’espérance pour venir à bout de cette pandémie. Justement, nous avons besoin d’échanger entre nous, plus que jamais, la paix, la joie et la santé « spirituelle », comme de véritables armes contre la maladie.

Ces jours-ci où même les églises doivent demeurer fermées, je réfléchis souvent au sentiment qui m’habite : la peine de ne point pouvoir rencontrer les fidèles (vous tous!), ceux et celles des cathédrales comme tous ceux et celles de mes deux diocèses. Et sans le vouloir, l’expérience du jeûne me vient à l’esprit.

Oui le jeûne. C’est une notion et une pratique très traditionnelles dans la foi judéo-chrétienne. Pourquoi? Vous avez sans doute déjà fait l’expérience du jeûne, sans le désirer... Par exemple, en déplacement ou par urgence, on doit « sauter » un repas ou deux, passer une nuit à veiller une personne que l’on aime, etc... Plus qu’un sentiment, la sensation d’avoir faim augmente graduellement et elle habite toutes les activités que nous pouvons entreprendre; elle nous poursuit comme une douleur. Cette sensation devient comme un état d’être général. Et si ce jeûne est conditionné par une décision de libre arbitre, c’est la décision, ou plutôt la motivation de la décision qui devient omniprésente. Elle ne nous quitte plus. Voilà l’utilité du jeûne dans un moment de conversion comme le Carême.

C’est ainsi que je me sens présentement avec nos églises fermées, et l’eucharistie non célébrée avec le peuple de Dieu. C’est ainsi que je me sens dans toutes les activités de ma journée, tourné vers le désir de célébrer à nouveau avec vous, offrir Jésus réellement présent dans l’hostie consacrée à ceux et celles qui, comme moi, jeûne de sa présence depuis déjà plusieurs jours.

Soyons cependant honnêtes les uns avec les autres : je comprends et j’accepte pleinement les conditions sanitaires qui nous sont proposées. Elles sont nécessaires. Espérons seulement qu’elles porteront suffisamment de fruit pour nous permettre de nous retrouver à nouveau autour de Jésus Christ, de sa Parole et de sa Présence réelle. Alors ce « jeûne eucharistique » aura, lui aussi, porté son fruit : notre Église aura été encore plus signe de paix, joie et santé spirituelle.

Soyez assurés de ma prière et de celle de vos prêtres,

+Raymond Poisson
Évêque de Saint-Jérôme et de Mont-Laurier